foudre
foudre
foudre
foudre dans le pierrier de la tête
violons secs et ouverts comme une ville
chemineaux virevoltants
hautes pierres accompagnées de leurs grandes folies, la poitrine nette, dure et amicale, gorgée d’aube
tout bien droits dans le feu
vont vers abysse chaudron sable glaise
définition : danse à trois temps hop tournée détournée éboulée voltigée ébruitée retournée — gliss
an
te
mains calées dans le dos : on y va, ça tourne, ça parle ! ça grossit, ça grandit toute la forêt repliée ! le violon entraillé comme la voix bien solide d’un monde vif, plein d’arbres qui s’enfouissent et se dérivent en eux-mêmes ;
et puis les yeux ! les yeux qu’on ferme comme une église massée dans le feu nocturne !
garder perdre
éclair : songe relevé du bout du pied dans le sinistre caniveau
foudre : ballot d’orage gardé bien près de soi sur la banquette du train
la solitude est trop forte et
oui, là je crois que c’est fini, on peut dire
sans mûre sans sorbier sans sureau
plus même d’eau-de-vie pour oublier ni pour panser le visage
perdre beaucoup, garder un peu juste de quoi
fendre en grand la marche des heures
ça craque de partout, l’échelle vers la mort
ça s’effondre, on bascule
on choit sans rien vouloir vraiment
ni mourir, hein, non plus
on boit le long spectacle de l’alouette calcinée
mille petites intimités chaudes et graves : tuées là
pas capable de vivre une enfance sans fontaine, pas moi, non